La semaine dernière, c’est une jeune fille de 20 ans qui a été enlevée car elle avait le teint clair. La probabilité d’un blanc dans la famille est source d’argent pour la rançon. Nous allons effleurer la misère, style Zola, car la fille était le fruit d’un viol de sa mère par un blanc. Cette pauvre dame n’est que femme de ménage, on lui a réclamé 30 000 US. Elle a pu grâce aux voisins réunir tout au plus 2000 US. Les kidnappeurs ont pris l’argent et lui ont dit que sa fille serait à la morgue le lendemain. Effectivement le lendemain, sa fille a été rendue, bras cassés, les yeux crevés et criblée de balles.
Ce matin, c’est le sort d’un petit garçon de 6 ans qui fait les titres des journaux. Lui aussi la faible récolte pécuniaire de sa famille n’a pas été du goût des bandits. Son corps a été retrouve au nord de la ville, étranglé et j’en passe.
Mardi dernier pour montrer leur puissance, les gangs ont pris d’assaut la plupart des artères principales de la ville, résultat toute la ville bloquée pendant des heures car les quelques rues « sûres » se sont retrouvées submergées par les automobiles.
Le pays tremble. Pour accentuer l’ambiance, depuis 15 jours c’est le black out total. Plus une goutte d’électricité distribuée par EDH (Electricité d’Haïti). En voici la preuve.

La raison est la rénovation totale des circuits de distribution. Le black out est annoncé jusqu’en mars 2007. On pense tous, que les haïtiens ne vont attendre aussi longtemps avant de tout peter. On arrive, dans un bon jour, à avoir 2 à 4 heures dans la journée ou durant la nuit, juste de quoi charger un peu les batteries de secours mais le frigo se charge de les vider. La nuit commençant à tomber entre 17h et 17h30…les nuits sont longues dans le noir.
Pour bien plomber l’ambiance, c’est l’heure ou le concert des coups de feux commence…BIENVENU au FAR-WEST.
Oui, le Far West parce que sans électricité pas de pompe à eau pour remplir nos réservoirs situés sur le toit donc pas de douche. Alors le matin, en sifflotant, on va à notre citerne dans le jardin, avec un sot, pour récupérer un peu d’eau et se laver.
Samedi dernier dans cette ambiance vaudou-esque, à cause des bougies, trois meurtres la rue en dessous de chez nous, sur le coup des 19h. On n’a jamais reçu autant d’appels de la sécurité sur tous nos téléphones et les radios. On se serait cru dans un centre d’appel pour la Star Ac’, pour nous dire, à mon colocataire et moi, de tout fermer immédiatement et bien sûr de ne pas sortir.
Ce serait vraiment dur à supporter s’il faisait froid sans chauffage mais le soleil est toujours là alors on continue. Et chaque matin, on se dit entre nous en quittant la maison « Aller peut-être à ce soir ».
Petit coup de fil à la sécurité :
« Salut Marc, en forme ? Est ce que j’ai le feu vert pour aller jusqu’au bureau ? »
« Salut Laurent, ça va merci et toi ? Oui c’est dégagé, par contre tu ne prends pas telle rue et telle rue »
« Merci Marc, bonne journée »
« Bonne journée à toi aussi et comme d’habitude toujours sur tes gardes a+ »
Nous étions deux à travailler en zone rouge. Le hasard fait que nous nous sommes retrouvés colocataires. Mais Erdem est passé depuis peu responsable de la sécurité civile. Son bureau n’est plus dans la zone rouge, il a pris ses nouvelles fonctions dans le bâtiment principal des Nations Unies. Je suis donc le dernier civil des Nations Unies à travailler en zone de non droit tous les jours et sans escorte.
Un des responsables sécurité de la MINUSTHA (Mission des Nations Unies pour la Stabilité d’Haïti, ce sont les forces militaires des Nations Unies) m’a dit que je devrai recevoir une médaille car beaucoup au moindre coup de pétard ne vont pas travailler même en zone verte.
Je me demande si ce n’est à cause de mes presque 20 ans au Football Club de Givors (des ambiances surchauffées) qui font que j’aime bien cette atmosphère tendue.
Ce matin, c’est le sort d’un petit garçon de 6 ans qui fait les titres des journaux. Lui aussi la faible récolte pécuniaire de sa famille n’a pas été du goût des bandits. Son corps a été retrouve au nord de la ville, étranglé et j’en passe.
Mardi dernier pour montrer leur puissance, les gangs ont pris d’assaut la plupart des artères principales de la ville, résultat toute la ville bloquée pendant des heures car les quelques rues « sûres » se sont retrouvées submergées par les automobiles.
Le pays tremble. Pour accentuer l’ambiance, depuis 15 jours c’est le black out total. Plus une goutte d’électricité distribuée par EDH (Electricité d’Haïti). En voici la preuve.

La raison est la rénovation totale des circuits de distribution. Le black out est annoncé jusqu’en mars 2007. On pense tous, que les haïtiens ne vont attendre aussi longtemps avant de tout peter. On arrive, dans un bon jour, à avoir 2 à 4 heures dans la journée ou durant la nuit, juste de quoi charger un peu les batteries de secours mais le frigo se charge de les vider. La nuit commençant à tomber entre 17h et 17h30…les nuits sont longues dans le noir.
Pour bien plomber l’ambiance, c’est l’heure ou le concert des coups de feux commence…BIENVENU au FAR-WEST.
Oui, le Far West parce que sans électricité pas de pompe à eau pour remplir nos réservoirs situés sur le toit donc pas de douche. Alors le matin, en sifflotant, on va à notre citerne dans le jardin, avec un sot, pour récupérer un peu d’eau et se laver.
Samedi dernier dans cette ambiance vaudou-esque, à cause des bougies, trois meurtres la rue en dessous de chez nous, sur le coup des 19h. On n’a jamais reçu autant d’appels de la sécurité sur tous nos téléphones et les radios. On se serait cru dans un centre d’appel pour la Star Ac’, pour nous dire, à mon colocataire et moi, de tout fermer immédiatement et bien sûr de ne pas sortir.
Ce serait vraiment dur à supporter s’il faisait froid sans chauffage mais le soleil est toujours là alors on continue. Et chaque matin, on se dit entre nous en quittant la maison « Aller peut-être à ce soir ».
Petit coup de fil à la sécurité :
« Salut Marc, en forme ? Est ce que j’ai le feu vert pour aller jusqu’au bureau ? »
« Salut Laurent, ça va merci et toi ? Oui c’est dégagé, par contre tu ne prends pas telle rue et telle rue »
« Merci Marc, bonne journée »
« Bonne journée à toi aussi et comme d’habitude toujours sur tes gardes a+ »
Nous étions deux à travailler en zone rouge. Le hasard fait que nous nous sommes retrouvés colocataires. Mais Erdem est passé depuis peu responsable de la sécurité civile. Son bureau n’est plus dans la zone rouge, il a pris ses nouvelles fonctions dans le bâtiment principal des Nations Unies. Je suis donc le dernier civil des Nations Unies à travailler en zone de non droit tous les jours et sans escorte.
Un des responsables sécurité de la MINUSTHA (Mission des Nations Unies pour la Stabilité d’Haïti, ce sont les forces militaires des Nations Unies) m’a dit que je devrai recevoir une médaille car beaucoup au moindre coup de pétard ne vont pas travailler même en zone verte.
Je me demande si ce n’est à cause de mes presque 20 ans au Football Club de Givors (des ambiances surchauffées) qui font que j’aime bien cette atmosphère tendue.
No comments:
Post a Comment