Il y a 2 semaines de cela, je recevais un coup de fil du fils de nom chauffeur me disant que son père était au commissariat. Il venait de subir deux tentatives d’enlèvement, une le vendredi et l’autre le lendemain matin, sans plus de détails. Comme il était plutôt affolé et inquiet, je ne posais pas plus de question. Par contre, je m’en posais moi. S’il a subit des tentatives d’enlèvement, c’est qu’il a été suivi donc j’ai été suivi, ils connaissent nos habitudes. Est-ce que c’est pour mettre la pression sur le Directeur Général des Douanes qui a beaucoup confiance en John et la période étant aux tractations pour les désignations des directeurs d’administration du au changement de gouvernement ? Bref, j’attends lundi matin pour appeler la sécurité des Nations Unies afin de connaître la marche à suivre.
A la première heure lundi matin, j’appelle la sécurité qui me demande de passer avec John, mon chauffeur, tout de suite pour l’interroger. Interrogatoire avec les responsables de la sécurité et la section anti-kidnapping et là John commence ses récits mais c’est très confus, beaucoup d’incohérences, des situations improbables. On lui conseille d’aller faire une déposition à la police judiciaire. Dans la journée, je discute avec le Directeur Général de Douanes qui l’avait rencontre durant le week end suite aux tentatives d’enlèvement et avec les responsables de la sécurité des Nations Unies, nous en concluons qu’il est très fatigue et sûrement surmené.
Le lendemain en fin de journée, au moment de me ramener chez moi, John refuse de sortir du bâtiment de la douane, prétextant qu’il a été suivi et que je dois demander une voiture blindée aux Nations Unies pour rentrer chez moi. Je le calme, lui dis de rester dans mon bureau que je vais m’occuper de la situation. Je demande a avoir avec moi 2 policiers afin de ramener John chez lui et de vérifier si il y a vraiment des problèmes. Les policiers arrivent, je leur demande de passer devant et je monterai derrière avec John. John monte difficilement dans la voiture car il voudrait que les policiers soient avec lui derrière pour le protéger. On le rassure, ils sont armes jusqu’aux dents, il ne risque rien. Tout au long de la route jusque chez lui, il nous indique les voitures qui nous suivent, ceux qui le surveillent, de prendre telle route pour être plus tranquille. Arrivé à destination, il sort de la voiture et rentre en courant chez lui. Avec les policiers, nous faisons un tour dans son quartier pour voir s’il y a des raisons de s’inquiéter. Les policiers sont de notre avis a tous, John a vraiment besoin de repos. Depuis, je circule seul dans Port au Prince.
Esperons qu'il retrouvera vite ses esprits.