Wednesday, June 21, 2006

J’ai perdu mon chauffeur

Il y a 2 semaines de cela, je recevais un coup de fil du fils de nom chauffeur me disant que son père était au commissariat. Il venait de subir deux tentatives d’enlèvement, une le vendredi et l’autre le lendemain matin, sans plus de détails. Comme il était plutôt affolé et inquiet, je ne posais pas plus de question. Par contre, je m’en posais moi. S’il a subit des tentatives d’enlèvement, c’est qu’il a été suivi donc j’ai été suivi, ils connaissent nos habitudes. Est-ce que c’est pour mettre la pression sur le Directeur Général des Douanes qui a beaucoup confiance en John et la période étant aux tractations pour les désignations des directeurs d’administration du au changement de gouvernement ? Bref, j’attends lundi matin pour appeler la sécurité des Nations Unies afin de connaître la marche à suivre.

A la première heure lundi matin, j’appelle la sécurité qui me demande de passer avec John, mon chauffeur, tout de suite pour l’interroger. Interrogatoire avec les responsables de la sécurité et la section anti-kidnapping et là John commence ses récits mais c’est très confus, beaucoup d’incohérences, des situations improbables. On lui conseille d’aller faire une déposition à la police judiciaire. Dans la journée, je discute avec le Directeur Général de Douanes qui l’avait rencontre durant le week end suite aux tentatives d’enlèvement et avec les responsables de la sécurité des Nations Unies, nous en concluons qu’il est très fatigue et sûrement surmené.

Le lendemain en fin de journée, au moment de me ramener chez moi, John refuse de sortir du bâtiment de la douane, prétextant qu’il a été suivi et que je dois demander une voiture blindée aux Nations Unies pour rentrer chez moi. Je le calme, lui dis de rester dans mon bureau que je vais m’occuper de la situation. Je demande a avoir avec moi 2 policiers afin de ramener John chez lui et de vérifier si il y a vraiment des problèmes. Les policiers arrivent, je leur demande de passer devant et je monterai derrière avec John. John monte difficilement dans la voiture car il voudrait que les policiers soient avec lui derrière pour le protéger. On le rassure, ils sont armes jusqu’aux dents, il ne risque rien. Tout au long de la route jusque chez lui, il nous indique les voitures qui nous suivent, ceux qui le surveillent, de prendre telle route pour être plus tranquille. Arrivé à destination, il sort de la voiture et rentre en courant chez lui. Avec les policiers, nous faisons un tour dans son quartier pour voir s’il y a des raisons de s’inquiéter. Les policiers sont de notre avis a tous, John a vraiment besoin de repos. Depuis, je circule seul dans Port au Prince.

Esperons qu'il retrouvera vite ses esprits.

Saturday, June 10, 2006

Adrénaline max

16h, vendredi, je quitte le bureau. Je remonte l’avenue principale, une 2x2 voies. Je conduis seul car j’ai perdu mon chauffeur. Je vous expliquerai plus tard ce qu’il lui est arrivé.
Pour une fois pas trop de circulation, ce devait être à cause match de la coupe de monde.
C’est très rare d’avoir presque 100 mètres de libre devant soi sans voiture sur cette artère.
Au loin, un homme sort d’une rue en courant, tous les passants s’écartant contre les maisons à son passage. Il se place sur ma voie, celle de gauche et courre à contre sens dans ma direction. Arrivé 50 mètres de moi, je devienne finalement qu’il n’a pas un bâton dans les mains mais une arme automatique type AK 47, pour les connaisseurs (n’est pas Manu).
Là, je me range sur la voie de droite, je tombe une vitesse et j’accélère comme un dingue. A 20 mètres environ, il jette un œil sur ma voiture, qui arbore de magnifiques logos des Nations Unies, à ce moment là, je ressens une montée d’adrénaline qui me serre la poitrine. On se croise, chacun passe son chemin…ouf.
Il faut dire qu’hier, il y a eu dans le bidon ville de Cité Soleil, des affrontements entre gangs et la force de Nations Unies, résultat : 6 morts du coté des gangs donc je pense qu’ils sont un peu énervés.